Jazz en Occitanie part 1

Harlem Hell Fighters (photo)

Mon père est un amateur d’opéra, un enthousiaste sans limite pour l’opéra italien. Quant à ma mère, elle aussi, elle adore le chant lyrique et la musique classique. Mon frère et moi, nous nous sommes lancés très tôt à apprendre le violoncelle et le piano.  Je ne devrais pas mentir, on ne s’est pas donnés plus ce que ça.  Tout comme ma sœur cadette, qui est née des années après moi, je passais plus de temps à regarder Max la Menace qu’à pratiquer la musique. Ça ne venait pas d’un manque d’affection pour la musique mais plutôt du fait qu’on était fainéants et peu disciplinés.

Chez nous, c’était plutôt normal d’entendre le chant de Caruso ou ma mère jouant  Chopin. Parfois, captivée, je regardais mon père faisant semblant d’être chef d’orchestre, totalement absorbé par sa musique et ignorant le fait que je le regardais.  J’ai grandi dans une maison où seule la musique classique existait.

Tout ça jusqu’au moment où mon frère et moi avons découvert le Rock ! L’histoire qui suit mérite un autre blog ou même un livre tellement nous étions enchantés par cette musique et son énergie. Gardons ce conte pour une autre fois et restons sur le jazz pour lequel mon admiration est venue plus tard.

De l’autre côté de l’Atlantique, mon beau père, dès l’âge de l’adolescence, est devenu lui-même un fou de jazz. Son fils, mon mari, appelons le Jacques, est né la même année que moi. Il a vécu avec autant d’émotion et joie la découverte de Rock. Il raconte toujours, parfois avec grand regret, l’été où sa mère lui avait interdit d’aller voir AC/DC avec Bon Scott. Il avait 14 ans et il fallut attendre encore 18 mois pour les voir, malheureusement avec le remplaçant de Bon Scott.

Un jour avec mon frère, on a découvert Miles Davis. Tous les deux, étions profondément intrigués par sa musique. Néanmoins, dans l’ensemble, on est restés plus ou moins fidèles à la musique Rock. Peu de temps après, mon frère a découvert Frank Zappa et l’obsession de toute sa vie est née.

ff vers le jazz

Peu de temps après notre mariage et notre installation à Toulouse, le père de Jacques lui a donné sa collection de vinyles, 95% jazz. Il a transféré toute sa musique en digitale pour faire de la place chez lui. Je me demande parfois s’il n’a pas de regrets. Cette collection formidable est la raison pour laquelle j’apprécie autant le jazz maintenant.

Michel, mon beau père, est un conférencier de jazz. Il est un amateur et connaisseur; il livre ses conférences sur l’histoire du jazz et l’effet du jazz sur la société.

La France a une connexion profonde avec le jazz. Je vous raconte un petit peu son histoire en Occitanie. En 1935 Hugues Panassié, l’extrêmement influent critique et producteur de jazz français, a fondé Le Hot Club de France avec Charles Delauney et d’autres amis. Il a passé la plupart da sa vie à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne et a fondé Jazz Hot, revue mythique et pionnière qui est devenue la première référence dans le monde du jazz. Hugues Panassié était aussi très impliqué dans l’organisation du premier festival international de jazz en France. Un des tout premiers festivals de jazz a eu lieu à Nice. Après un premier festival en ‘48 ce n’est qu’en 1971 que c’est devenu un événement annuel.

A ce jour, la France est un lieu mythique pour les musiciens et les amateurs de jazz, avec de nombreux festivals qui se déroulent sous le soleil splendide du Sud, avec quelques perles en Occitanie.

Avant de vous présenter mes festivals préférés dans la région, je vous confie une petite histoire sur un adolescent emporté par la vague de musique jazz qui a emballée toute sa génération.

Bien avant ‘the Birth of Cool’, il y avait la musique amenée par les soldats « africains-américains », venus se battre pour leur pays pendant la guerre de 14-18. Le tout premier concert de jazz en France a été donné en février 1918 par les « Harlem Hell Fighters » du 369ème régiment d’infanterie américaine, dirigé par James Reese Europe, à Nantes.

 Après la guerre, la souffrance et les atrocités, le peuple avait besoin de quelque chose pour lui faire oublier. Les français sont tombés amoureux du jazz. Pendant les années ‘d’après-guerre’ et même pendant la grande crise, les français dansaient, écoutaient et se laissaient emporter par la musique. Cependant c’était pendant la guerre de 39-45 que le jazz est presque devenu français, connu comme « the second country of jazz » par des musiciens africains américains. Ils avaient une liberté en France qu’ils n’avaient pas aux Etats-Unis à cette époque de ségrégation.

Le jazz, en Allemagne comme ailleurs, devenu en symbole des années folles, était mal vu par la classe élite. L’arrivée d’Hitler au pouvoir a renforcé l’aversion vers cette musique étrange. Il y avait des tentatives de boycott du jazz, mais sans succès. Les Nazis ont même essayé d’utiliser cette musique dans leur propagande pour conquérir une partie de la jeunesse allemande.

En effet le jazz était vu comme une forme d’expression contre l’occupation Nazi.  Parfois, pendant des concerts, la Résistance a effectué des échanges d’informations essentielles à leur cause. Pour éloigner l’attention des autorités, et déjouer les Nazis, les paroles étaient francisées. In the mood est devenu dans l’ambiance.

Pendant cette triste guerre, Mr Delaunay, partenaire original de Panassié, et sa secrétaire ont été arrêtés et interrogés. Delaunay fut relâché après quelques heures mais sa secrétaire ainsi qu’un des membres principaux du Hot Club Marseille furent condamnés aux camps de concentration où ils ont péri.

Michel raconte que pendant son adolescence après la guerre, le jazz était une musique de jeunes. Les jeunes d’après-guerre écoutaient une radio américaine qui couvrait toute l’Europe de l’Ouest et l’Afrique du nord intitulée « the Voice of America » animée par Willis Conover.

Laissez tomber l’image d’un homme distingué, un peu blanchi sur les tempes qui porte un coussin pliant pour aller écouter un trio. Le jazz était la musique populaire de l’époque. C’était la musique des jeunes. C’était la musique de sa génération, le meilleur export des USA et Michel l’aimait tellement ; il l’avait au fond de lui !

Michel Grasset – Conférencier de jazz (photo)

Suivez My Beautiful Occitanie et accompagnez-moi sur mes voyages autour de notre belle région et ses histoires particulières.

Prochainement Jazz en Occitanie part 2……….……..…à bientôt Christina.

4 thoughts on “Jazz en Occitanie part 1

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